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 L'adolescent a besoin de régles à transgresser pour exister

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Bernadette Admin
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MessageSujet: L'adolescent a besoin de régles à transgresser pour exister   Mar 5 Juin - 18:28

Des règles à transgresser, l'adolescent en a besoin pour se construire

Les adolescents ont besoin de construire l'adulte qu'ils sont en train de devenir. Pour cela, ils ont besoin de s'opposer aux lois, aux repères que leur imposent les adultes de leur entourage. Énoncé comme cela, c'est évident, voire positif, mais quand les parents le vivent au quotidien, ce n'est pas toujours si simple.
Établir des repères
Après l'éducation très stricte des générations précédentes, ces parents ont voulu laisser plus d'espace à leurs enfants qu'ils n'en avaient eu. Laisser plus de liberté, plus d'espace de créativité, de vie à ses enfants, c'est une bonne réaction, à condition de laisser en place des repères suffisamment balisés. Car il est bon d'avoir à l'esprit que certaines des règles que vous édictez seront transgressées. C'est la raison pour laquelle il ne faut pas hésiter à rester un peu trop strict plutôt que pas assez. En effet, si vous laissez beaucoup de liberté à un enfant, il en voudra encore plus jusqu'à aller chercher des limites. Pourquoi est-ce ennuyeux ? C'est tout simplement qu'il peut se mettre en danger.


Enfants et adolescents ont besoin de percevoir des limites
Marie, sa mère ne lui impose jamais rien et accepte tout de sa fille ; son père ne s'en préoccupe guère (même s'il l'aime) réellement. À 17 ans, elle s'est fait faire de multiples piercings sur le visage dans des conditions douteuses et a attrapé une hépatite virale. C'est une des seules choses qu'elle ait trouvée pour s'opposer à ses parents qui, sans le lui avoir interdit, affirmaient trouver les piercings choquants. Elle a réussi à les choquer (et à s'infliger un virus), sans doute pour se confronter à des limites qu'elle ne percevait pas.

À l'opposé, Ariane interdit clairement à sa fille Emilie, 17 ans, de se faire piercer, même les oreilles, avant 18 ans. Et elle lui pose des limites strictes à propos de ses heures de sorties de week-end. « Je préfère qu'elle se fasse percer les oreilles à 18 ans, plutôt que de la voir se tatouer ; et puis, je lui demande de rentrer très tôt quand elle sort, comme ça, même si elle déborde un peu, je trouve que ça passe », avoue cette maman qui estime qu'un interdit un peu fort produira une réaction moins violente. Et l'expérience a l'air de lui donner raison, même si Emilie affirme « maman est trop gentille, elle n'est pas assez sévère ! ». Comme quoi, des limites imposées n'empêchent pas les enfants d'aimer leurs parents, bien au contraire.


Choisir des règles sévères afin de laisser un espace à la transgression
Alors, quand vous hésitez à fixer des règles, prenez conscience que les choisir relativement sévères ne fera pas de vous un parent mal aimé. Et que la transgression n'en sera que moins grave, qu'elle aura un espace relativement sûr pour s'exercer. Aurélien raconte ainsi comment son père est venu le chercher en boîte de nuit pour le ramener à la maison alors qu'il était mineur et faisait le mur. « Il avait entièrement raison » dit-il avec fierté. Car quand un père s'occupe vraiment de vous, c'est bien qu'il vous aime et que vous comptez pour lui. Et cela, même s'ils ne le disent pas, les adolescents en ont parfaitement conscience…

01/06/2007
Dr Catherine Solano


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Ana
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MessageSujet: Re: L'adolescent a besoin de régles à transgresser pour exister   Jeu 7 Juin - 19:02

Je suis tout à fait d'accord avec cet article.
Sans cadre un ado à de grands risques de partir en "dérive". C'est ce qu'il m'est arrivé et je ne suis pas fière de mes années ado.

Je profite de ce message sur les adolescents pour vous raconter un peu ce qu'à été mon expérience personnelle de l'enfance.

Ma génitrice était enceinte de moi à l'age de 16 ans, avec mon père ils avaient décidé de garder l'enfant et de s'en occuper tous les deux. L'enfant c'était moi. Peu de temps avant ma naissance mon père a quitté ma mère et elle s'est retrouvée toute seule à quelques mois d'accoucher, quand je suis née elle avait 17 ans et elle m'a confiée à sa mère. C'était donc ma grand-mère qui s'occupait de moi plutôt que ma mère, ma mère regrettait d'être tombée enceinte et refusait de s'occuper de moi. Quand j'ai eu 2 ans, ma grand-mère a du être hospitalisée pour des problèmes de santé, ma mère était incapable de s'occuper de moi alors j'ai été placée dans un foyer pendant quelques temps, au début pendant le temps que ma grand-mère se rétablisse et pour des raisons de santé, elle n'a pas pu me récupérer alors j'ai été placée dans une famille d'accueil jusqu'à mes 6 ans. A ce moment là, ma mère a déménagé à Grenoble et pour des raisons que j'ignore, j'ai été placée dans une nouvelle famille d'accueil à Grenoble également.
Jusque là c'est ma grand-mère qui m'a tout raconté, moi je n'en ai aucun souvenirs.
La seconde famille où j'ai été placée c'est celle avec qui j'ai passé les meilleurs moments de mon enfance. Ce sont eux qui nous louent l'appartement à Grenoble, je les considèrent comme mes parents.
J'ai passé 6 ans chez eux, j'avais le droit de voir ma mère une fois toutes les 2 semaines mais elle n'a jamais voulu me voir, elle ne voulait pas entendre parler de moi et elle disait qu'elle n'avait pas de fille. A mes 12 ans elle a demandé de récupérer ma garde au juge, elle disait être responsable et qu'elle voulait s'occuper de moi, elle disait avoir changé et être prête à m'offrir tout son amour. Elle a réussit à obtenir ma garde et à 12 ans je suis retournée vivre chez elle. Cela faisait 10 ans qu'elle m'avait abandonné et elle me faisait peur.
Dès les premières semaines chez elle, j’ai tout de suite compris qu’elle n’avait pas changée et qu’elle ne voulait toujours pas s’occuper de moi. Je crois que seule l’allocation l’intéressait.
Toutes les semaines elle ramenait des hommes différents à la maison, il lui arrivait de partir pendant plusieurs semaines en me laissant seule, je me prenais en charge et je grandissais toute seule. Ma mère m’avait interdit de revoir ma famille d’accueil précédente, j’étais sage et j’obéissais.
A côté de ça ma mère buvait énormément, pendant certaines périodes elle ne faisait plus que ça alors les rôles se sont inversés et c’est moi qui m’occupais d’elle. Je préparais à manger, j’allais jeter les bouteilles d’alcool vides, je faisais le ménage et je l’aidais à remplir les papiers pour les factures, loyers etc.… Elle me répétait toujours que j’étais une bonne à rien, que je ne ferai jamais rien de toute ma vie. C’est à ce moment là, vers mes 13 ans que j’ai commencé à être une ado difficile. J’ai fais les 400 coups pour attirer l’attention de ma mère, je voulais qu’au moins une fois elle s’énerve, me punisse ou n’importe quoi, qu’elle me montre que ce que j’avais fait était mal… mais elle m’ignorait, elle ne me disait jamais rien alors je continuais. L’attention que je ne recevais pas chez moi se retrouvait dans mon caractère, je faisais tout pour attirer l’attention des autres alors je me faisais remarquer par ma délinquance. J’ai grandi comme ça et à l'âge de 17 ans je me suis rendue compte que je ne pouvais pas continuer comme ça, en jouant à la plus forte pour me faire respecter et avoir ce que je voulais, je n’étais même pas fière, ni heureuse d’avoir grandit comme ça.
Quand j’ai eu mon accident de voiture en 2005, ma mère a mis plus de 2 mois à venir me voir. Je la suppliais d’accepter de m’héberger chez elle. Elle a accepté à condition que je m’excuse de l’enfer que je lui avais fais vivre depuis ma naissance. Je l’ai fais.
A cette époque là on était encore à Grenoble et en Décembre 2006 elle a décidé de déménager à Paris. J’ai été forcée de la suivre, je n’avais nulle part où aller. A Paris j’ai retrouvé Erwann que j’avais connu à 13 ans avec qui j’étais restée en contact et qui avais été parmi les premiers à venir me voir à l’hôpital et c’est à ce moment là qu’on a commencé à aller plus loin tous les deux.
Je passais de plus en plus de temps avec Erwann, je passais beaucoup de temps chez lui et du jour au lendemain ma mère m’a virée de chez moi, elle avait honte d’avoir une fille handicapée et elle ne voulait plus jamais entendre parler de moi. Je suis allée m’installer chez Erwann en Avril 2006 et depuis je suis toujours chez lui.

Il y a quelques mois, ma mère nous a rappelés en me suppliant de lui prêter de l’argent, elle disait avoir besoin de moi, elle a inventé pleins de choses pour que je l’aide.
Je ne suis pas tombée dans son piège et elle sait que maintenant c’est moi qui ne veux plus entendre parler d’elle.

Chez moi je n’avais jamais le droit de parler de mon père, je ne sais rien de son identité.
Aujourd’hui je ne regrette pas d’avoir eu une telle enfance, car malgré tout je n’ai jamais été très malheureuse, je prenais sur moi. J’ai seulement appris à grandir seule. On ne choisit pas sa famille.
J’ai fais une croix sur ce passé mais je ne peux pas l’oublier, ni le nier. Je vis avec mais parfois ça me fait mal d’y repenser.

Ça me fait mal de n’avoir jamais appelé ma mère MAMAN, je l’ai toujours appelée par son prénom. Je regrette de n’avoir jamais pu mettre un visage sur le nom de PAPA.

Mais maintenant je trouve le bonheur avec Erwann et on va se donner tous les moyens pour fonder une famille unie. Je souhaite à tout prix ne pas faire les mêmes erreurs que ma mère, j’ai le parfait exemple à ne pas suivre.






Waouh, un vrai roman, excusez moi pour la longueur mais ça fait du bien de se confier. J'ai mis en gras la partie qui était en rapport avec l'article de Nadette. encore une fois excusez moi pour la longueur de mon message
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MessageSujet: Re: L'adolescent a besoin de régles à transgresser pour exister   Jeu 7 Juin - 19:30

Chère Ana,

Mais tu n'as pas à t'excuser !
Le forum est fait pour parler, discuter et vider son sac, comme tu viens de le faire par ton témoignage et ce dont je t'en Remercie.

J'imagine que cela n'a pas dû être facile de mettre toute ta vie en bloc comme ça sur le forum.
Je t'ai lue et je suis vraiment navrée pour toi, que tu ais eu ce genre de vie depuis ta petite enfance...
Je ne trouve pas d'autre mot... scuses-moi.

Mais je constate que tu es remplie de courage pour affronter l'avenir avec Erwan...
Je te souhaite, je vous souhaite à tous les deux et de tout coeur, de bien réussir votre vie de couple, de fonder une famille unie !

Tu en as bien le mérite après tout ce que tu as pû vivre durant ton enfance et adolescence !

Merci pour ton témoignage


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MessageSujet: Re: L'adolescent a besoin de régles à transgresser pour exister   

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